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KARATE DO SHOTOKAI   Tain Tournon yamato kan karaté do shotokai

LE SEIZA: une phase PRIMORDIALE dans la pratique

26 Août 2009 , Rédigé par SERRE Publié dans #--TEXTE sur le SEIZA

LE SEIZA

 

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              I.      Un cérémonial d’entrée en cours durant lequel le RESPECT mutuel doit s’exprimer, entre pratiquants, entre pratiquants et sensei, entre tous et le Shisan…

 

Sans respect il n’y a pas d’AMOUR possible, et le DOJO (le lieu d’étude de la VOIE) est un lieu d’AMOUR véritable, car le « MOI » fait SILENCE, et l’AMOUR « EST » quand les conflits cessent (se référer à l’article du blog appelé « trouver la VOIE : voir la réalité » expliquant l’enchaînement « MOI »(EGO), division, conflits).

 

Le mot « HARMONIE » est très employé en karaté-do shotokai comme dans d’autres arts martiaux, mais le mot le plus approprié serait « AMOUR ». En effet, sans AMOUR, l’HARMONIE est impossible. Mais le mot « AMOUR » fait peur à l’EGO de certains car ils pensent que l’AMOUR est synonyme de faiblesse, ou tout au moins, ils pensent que d’autres peuvent l’imaginer, comment un karatéka pourrait-il AIMER, être faible ? Ils ont tort, car l’AMOUR est une formidable énergie, clairvoyante, une force sans limite.

 

Bien entendu, je fais référence à l’AMOUR véritable qui ne peut naître que lorsque nous sommes totalement libérés de nos attachements.

 

Le soi-disant amour porté à notre sensei pour ce qu’il nous apporte ou fait pour nous et pour notre EGO de pratiquant, n’est pas de l’AMOUR. C’est un attachement supplémentaire, et cette relation installée ne peut pas être libératrice !!! et nous éloigne de la véritable pratique.

Tout ce qui crée des attachements supplémentaires ne fait qu’alourdir notre EGO et donc nous éloigner de la REALITE et de l’AMOUR.

 

 

          II.      Le MOKUSO (silence, idées), à genoux, de préférence genoux serrés, on installe un mental neutre ou sans pensées psychologiques (voir définition dans l’article « trouver la voie : voir la réalité »), on ne force pas, on ne contraint pas, le mental prend l’habitude de faire silence…ne jamais forcer les choses, n’attendre aucun résultat, ni aucune sensation précise,  sinon c’est le MOI (ou l’EGO) qui agit et nous obtenons l’inverse de ce qui est attendu, c’est-à-dire un renforcement de la posture du « MOI ».


Au début, afin d' aider à l’installation d’un mental neutre, transparent ou MUSHIN, on peut utiliser la technique de la méditation « vipassana », c’est-à-dire porter son attention sur sa propre respiration, et sur l’air qui frôle l’intérieur des narines en pénétrant notre corps, par exemple.


Cette attitude permet de limiter la dispersion mentale, et d’installer notre respiration, dont dépend l’énergie vitale (plusieurs types de respiration sont possibles, cela fera partie d’un article futur sur le blog).



Parallèlement, concernant le corps,  il est indispensable d’installer la « COLONNE D’AIR », et ainsi de trouver une certaine verticalité de la colonne vertébrale (à l’aide des mains si nécessaire : assoir les fesses sur les talons, rétroversion du bassin, pousser les épaules vers l’avant, ramener le menton, tirer l’arrière du crâne vers le haut, le front détendu etc  sans forcer, sans contrainte, naturellement).


La colonne d’air installée, aucune tension n’est induite par la posture, aucun effort ne doit être nécessaire pour tenir la posture,  la respiration peut s’effectuer dans de bonnes conditions car l’air peut circuler correctement, avec de grandes conséquences sur l’énergie vitale.

 

Sur la manière de respirer, un article sera prochainement publié sur ce blog…

 

 

Ainsi, le mental silencieux, l’agitation intérieure fait place au calme et à la sérénité. Le corps se relâche et se détend lentement et totalement, les tensions se dissolvent et disparaissent.

Le processus de pensée (voir définition dans l’article « trouver la voie : voir la réalité ») ne s’enclenche plus, sans refoulement, ni contrainte.

 

Le pratiquant devient lucide et prend lentement contact avec une autre réalité, une vérité non voilée de préjugés, d’émotions, d’idées etc.

 

Le TEMPS est suspendu, car il n’existait pas véritablement, le pratiquant est immergé dans L’INSTANT PRESENT.

 

Il est près à prolonger cet état mental et physique, voir à l’accentuer dans le cadre de la TAISSO qui suivra si celle-ci est bien réalisée.

 

 

Le SEIZA est une phase primordiale dans la pratique, en ce qu’il installe  l’état de corps et mental du pratiquant et du groupe, ainsi que l’espace d’AMOUR et d’harmonie dans lequel va se dérouler la pratique.

 

  Gil SERRE.

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  n'hésitez pas à faire vos commentaires et enrichissements sur mes articles,

prochainement un article sur la RESPIRATION, puis la   TAISSO...

le prochain article paraîtra d'ici 8 jours (environ 3 à 4 articles par mois)

en fonction de mes disponibilités, et oui, la saison reprend, consultez régulièrement le blog! et faites part de vos suggestions, accords, désaccords argumentés.......

ce blog est un espace d'échange pour tous!

excusez parfois mon style un peu direct!

 

 

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Yves Thelen 29/08/2009 15:29

J'apprécie beaucoup le mot "harmonie": tant de techniques classiques de karaté sont totalement à l'opposé du génial principe du judo, "l'art d'utiliser l'énergie du partenaire". Mais le mot "amour" me rebutte, il a été trop galvaudé par les Eglises et par les sectes. Je me permets de poursuivre avec un extrait de mon prochain ouvrage (ce sera le dernier) qui rejoint ces notions. Avec un grand merci pour cette porte ouverte à des réflexions fondamentales !
De la maîtrise à l’harmonie
Il peut sembler impressionnant de voir certains karatékas exécuter une frappe puissante qui se fige quasi instantanément juste avant de toucher un point vital. Le boxeur ne peut davantage laisser totalement libre cours à sa combativité : il y a des règles et, dès que l’arbitre s’interpose, il est tenu de rompre le combat quand bien même il enchaînait une succession de coups qui devaient lui assurer la victoire.
Acquérir une telle maîtrise est, en soi, positif. Mais se limiter à cette dimension reste, pour le pédagogue, tout à fait insuffisant. Devenir adulte, c’est apprendre à contrôler des réactions de colère, de peur et même de joie qui seraient excessives. Cependant, inhiber systématiquement des actions réflexes que l’on cherche à provoquer durant toute une séance d’entraînement peut également développer un sentiment de frustration, voire d’impuissance. A force d’avorter les techniques ainsi étudiées à l’instant où elles devraient aboutir et récompenser l’effort consenti, nous risquons de générer l’effet opposé à celui escompté : l’agressivité refoulée engendre un surcroît d’agressivité ; additionner des actes non accomplis ne favorise pas l’accomplissement de leur auteur.
Il ne s’agit pas pour autant d’encourager une agressivité débridée et de pousser le débutant à se défouler sans se préoccuper des conséquences. Etre maître de soi, ce n’est pas seulement être capable de refréner des comportements négatifs, c’est, prioritairement, épanouir une personnalité qui soit moins sujette aux sentiments qui les engendrent.
Le mari aimant n’est pas celui qui retient sa main levée et brise un vase plutôt que de gifler son épouse ; c’est celui qui brise le cercle vicieux d’un dialogue de sourds par un geste de tendresse ! L’Art martial, rétorquera-t-on, n’est pas l’apprentissage de la tendresse. Les sports de combat sont même tout à l’opposé et exaltent la volonté de gagner, d’être un « battant ».
Et pourtant… ce qui peut faire de l’Art martial une véritable école de vie, une extraordinaire homéopathie de la violence, c’est, justement, de contribuer à développer un esprit d’ouverture à l’autre, de confiance en soi et de respect du partenaire quand bien même celui-ci est tenu, par l’exécution de techniques guerrières, destructrices par nature, de nous mettre dans une situation de danger relatif.
Eprouver une certaine tendresse ou, à tout le moins, de la sympathie, une complicité vis-à-vis du partenaire avec lequel nous exécuterions des pas de danse ou de merveilleuses envolées sur la glace, est normal ; c’est même une condition préalable pour que le couple évolue de façon harmonieuse. Le combat implique d’emblée tout le contraire : les techniques ont été forgées sur les champs de bataille ; elles ont pour finalité de vaincre physiquement et psychologiquement l’autre. Cette exigence définissait encore le budo de Morihei Ueshiba bien que, en cette période d’avant-guerre, le Maître, refusant que son art soit récupéré par le courant militariste, se fut retiré dans le nord du Japon (1).
Mais si nous parvenons pourtant, dans une situation conventionnelle d’affrontement, à évoluer vers plus de confiance, de sérénité et d’acceptation du partenaire, alors les vicissitudes ordinaires de la vie nous perturberont beaucoup moins aisément.
C’est là l’essence de la Voie martiale : s’affranchir des exigences trop mesquines de l’ego, devenir plus indifférent à la victoire illusoire, à l’échec possible, ne pas poursuivre titres et honneurs mais évoluer vers plus de sagesse « sans souci de gloire ou de fortune »…
 
 

SERRE 29/08/2009 16:22


merci pour ton commentaire.

tes 4 dernières phrases "pourrait être" un résumé de  l'essence de la voie
martiale.

encore merci  de participer à cet échange, et d'avoir le courage d'écrire des commentaires.