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KARATE DO SHOTOKAI   Tain Tournon yamato kan karaté do shotokai

Article de Monsieur Yves THELEN, Shudokan Belgique, paru dans son dernier ouvrage

25 Novembre 2012 , Rédigé par SERRE Publié dans #--ARTICLE( respiration -Seiza - trouver la voie...)

Sincérité

 

http://karate-do-shotokai.over-blog.com 

 

Par réaction aux styles de karaté syncopés, exigeant de maîtriser les frappes en les stoppant au moment de l’impact, et à l’aïkido qui ne met pas l’accent sur la sincérité des attaques, l’école shotokaï a voulu souligner le principe « un coup, une vie » et l’exigence d’anticiper l’action du partenaire. Si un agresseur nous menace dangereusement, l’idée est de briser son assaut à l’instant même où il s’amorce !

 

Deux réflexions à propos de cette volonté de sincérité :  

Mon épouse pratique régulièrement. Elle est moins puissante que moi et mon dernier souhait serait, bien évidement, de la blesser ou de la décourager. Imaginons-la prête à subir mon attaque ; le rôle qui m’est assigné est, donc, de frapper pour toucher avec l’énergie maximale… Cela m’est bien sûr impossible et mon action sera inhibée, sauf si je ressens qu’elle est parfaitement concentrée et si je sais qu’elle est tout à fait capable d’esquiver une attaque explosive. Et si elle parvient alors à utiliser mon énergie pour me projeter, je serai heureux de constater son niveau, d’avoir pu me donner à fond dans mon mouvement offensif… et d’être encore capable de chuter souplement.

 

Imaginons maintenant une situation inverse : je suis debout et me concentre sur mon assistant - plus jeune, plus rapide et nettement plus costaud que moi - qui se dispose à m’attaquer sans retenue d’un grand mae geri (le coup de pied de face)… Serais-je vraiment capable, physiquement et psychologiquement, d’entrer sur son attaque pour la dévier, voire la briser, avec un gedan baraï (la parade basse) ? La sincérité m’interdit de répondre positivement, surtout que j’ai, comme la plupart des pratiquants, fait de nombreuses fois l’expérience de douloureux hématomes, d’un doigt luxé quand ce n’est pas d’une fracture.

 

La seule voie possible pour évoluer vraiment vers des assauts « sincères » est d’établir préalablement une relation de confiance, confiance en soi et, surtout, en les capacités du partenaire. Et c’est en cela que la pratique martiale se différencie complètement du sport de combat et de la self-défense qui postulent, au contraire, que chacun cherche à dominer l’autre.

 

C’est pourquoi l’aïki-karate-do, qui s’inspire entièrement de l’idéal des Maîtres Ueshiba et Egami, exige qu’avant toute action sincère, totale, les protagonistes se mettent au diapason, que chacun apprenne à jauger l’autre, à pratiquer en fonction de ses possibilités, tout en encourageant les pratiquants à reculer sans cesse leurs limites et à serrer au plus près la réalité d’un assaut qui monopolise le maximum d’énergie.

 

Rappelons, enfin, une évidence : le but premier de la pratique est la santé, le bien-être physique et mental. L’enfant s’exerce à marcher sans tomber, à éviter les meubles et tout heurt brutal. N’est-il pas très paradoxal, une fois la maturité acquise, de considérer comme sport le fait de donner et de recevoir des coups ? L’art consiste à les éviter en se mettant en situation de risque maîtrisé.

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