L’apprentissage des KATAS, l’apprentissage des Arts martiaux en général et du KARATE-DO en particulier, par la PERCEPTION DIRECTE

Publié le par SERRE

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L’apprentissage des KATAS, l’apprentissage des Arts martiaux en général et du KARATE-DO en particulier, par la PERCEPTION DIRECTE

 

 

La « perception directe » ne demande aucun effort (d’ordre intellectuel). En effet, si effort il y a, effort de mémorisation des mouvements d’un kata par exemple, puis effort de répétition de ces mouvements avec l’aide de la pensée, alors la perception directe n’est pas présente dans ce type d’apprentissage basé sur l’effort.

 

 

Ainsi, la méthode d’apprentissage classique des katas utilisant la pensée, c’est-à-dire par imitation, avec en premier lieu, un effort de mémorisation puis en second lieu un effort de répétition, efface et annule  toute possibilité de PERCEPTION DIRECTE.

 

 

En effet, cet apprentissage du Karaté-do ou des katas par la pensée et donc la mémoire, empêche le mental ou l’esprit de faire silence, car le processus de pensée qui agit mécaniquement est en action et le mental ne peut en aucun cas être immobile, bien au contraire, l’esprit est alors en pleine agitation s’efforçant de retenir à tout prix (ainsi l’effort engendre le CONFLIT intérieur au pratiquant).

 

 

En revanche, dès que tout effort de mémorisation, d’imitation et de répétition s’arrête, alors la pensée qui est un mouvement de l’esprit est stoppée et le mental devient silencieux spontanément et naturellement, et le chemin du MUSHIN est ouvert.

 

 

S’il y a effort pour tenter d’apprendre, dans la tête du pratiquant, il y a forte activité du mental qui empêche la réalisation du MUSHIN (esprit transparent et silencieux).

 

 

L’apprentissage des katas, des Arts martiaux et du Karaté-do en particulier, se fait par perception directe dès que le pratiquant cesse de vouloir se forcer à mémoriser les différents mouvements ou les différentes techniques.

 

 

Certains sensei ou professeurs vous diront qu’il est nécessaire, tout d’abord d’apprendre classiquement à l’aide de la pensée et de la mémoire, en mémorisant, pour ensuite réaliser un effort de répétition, des centaines de fois, jusqu’au jour ou enfin, le kata (par exemple) ou l’enchainement martial est parfaitement maitrisé et donc répété sans hésitation et erreur.

 

C’est une idiotie,  en effet, cette méthode qui consiste à apprendre mécaniquement, en répétant et répétant encore, en s’efforçant de retenir, jusqu’à épuisement, maintient un mental en pleine activité et très agité, et ne fait que « conditionner» le corps à répéter mécaniquement les mêmes mouvements sans compréhension véritable de ces mouvements.

 

Répéter sans cesse, agir  mécaniquement, émousse et rend l'esprit bête. 

 

En effet, la compréhension véritable et non intellectuelle, n’a pas besoin de la pensée, de la mémoire et de son  agitation mentale pour se réaliser, ni d’aucun effort.

 

 

La répétition ne fait que « conditionner » (marquer ou imprégner) la mémoire et le corps d’un ensemble de mouvements, dans le cas des katas par exemple, ce qui n’a rien à voir avec un apprentissage par perception directe, qui n’a besoin d’aucune répétition et d’aucune activité du mental et de la pensée, et qui bannit tout effort de l’intellect.

 

L’apprentissage par perception directe est quelque chose d’immédiat, qui ne s’inscrit que dans le présent, alors que la pensée et la répétition ont besoin de temps et du temps.

 

Répéter un mouvement cent fois, avec effort, est inutile et absurde dans l’apprentissage par PERCEPTION DIRECTE dans le cadre des Arts martiaux, du KARATE-DO et des katas par exemple.

 

 Le "problème" aujourd'hui, si problème il y a, c'est que l'on apprend les Arts martiaux et le karaté-do comme on apprend à l'école.

On apprend le karaté-do principalement à l'aide de la pensée et de la mémoire, comme on apprend à l'école une poésie par coeur, ou une leçon d'histoire ou de géographie. 

 

 

Gil SERRE.

 

réponse et commentaire de Yves THELEN reçu par e mail:

 

Bonjour Gil,

 

Quelques réactions à tes derniers textes : tu critiques, avec raison, une approche trop intellectuelle de la Voie martiale. Je me permets de t’encourager à être plus nuancé lorsque tu écris : « Certains sensei vous diront qu’il est nécessaire, tout d’abord d’apprendre classiquement à l’aide de la pensée et de la mémoire (…) C’est une idiotie… »

Je ne pense pas qu’il y ait un seul professeur qui ne fasse appel régulièrement à la réflexion et à la mémorisation !

Je comprends ton idée de « perception directe » mais elle est particulièrement difficile à appliquer lorsqu’il s’agit d’attirer l’attention du pratiquant sur un défaut ou une exigence précise. A fortiori lorsqu’il s’agit d’apprendre un kata alambiqué : comment ne pas passer par l’étape de l’imitation et de la mémorisation ?

Mais je te rejoins totalement pour encourager davantage une approche par « imprégnation » qui vise la découverte spontanée, non réfléchie, de la meilleure stratégie. Peu de lecteurs pourront cependant te suivre si tu ne proposes pas d’exercices concrets.

Un exemple : personnellement, j’accueille systématiquement les débutants en les confrontant à « midaré » : je les attaque, d’abord très lentement, avec un bâton et leur demande d’esquiver. Immédiatement, les mêmes erreurs se répètent : le débutant se déséquilibre en reculant, se protége d’un bras qui serait fracturé si la frappe était puissante ou se sauve en tournant le dos. J’attire bien sûr l’attention sur l’inefficacité de ces réflexes primaires et les invite alors à ne pas me quitter des yeux puis à « entrer », en confiance, à l’instant où le bâton s’élève et à me frôler pour se retrouver derrière moi lorsque la frappe s’achève…

Très vite une harmonie s’installe et le rythme des attaques s’accélère jusqu’à ce que l’élève perde pied.

Si la frappe est circulaire, tout débutant perçoit rapidement qu’il doit « entrer dans le cercle », « prendre le centre » et non foncer sur l’attaque comme tant de katas et de méthodes le préconisent…

Je reviens cependant sur la nécessité d’une démarche intellectuelle préalable : à notre époque, nul ne va « suivre un Maître aveuglément ». Il y a trop de clubs, de styles, de n’importe quoi… Il nous faut donc encourager le grand public à développer son esprit critique et à ne pas s’inscrire dans le premier club venu. Je suggère toujours aux personnes qui m’interrogent de visiter, de comparer, de juger sur l’atmosphère et le sérieux qu’ils vont « percevoir directement »  avant d’accorder leur confiance.

Bien à toi,

Yves Thelen

 

réponse de gil SERRE au commentaire de Yves THELEN:

 

la PERCEPTION DIRECTE ne dépend en aucune façon de la technique réalisée (midare, kata, kihon etc), elle n'est pas non plus une méthode à proprement dit,

 

La PERCEPTION DIRECTE est cette QUALITE de l'esprit qui a compris qu'utiliser la pensée et la mémoire pour apprendre était une erreur (une habitude culturelle et éducative, une tradition..), surtout dans le domaine des arts martiaux et du karaté-do.

 

En effet, l'apprentissage avec la mémoire et la pensée, émousse l'esprit, l'alourdit, et le conditionne, pousse le pratiquant vers une action répétitive et mécanique, développe un esprit agité car au prise avec ses efforts de mémorisation des mouvements que l'on cherche à retenir à tout prix!

 

Contrairement à ce que tu peux écrire, Yves, cela n'empêche en rien d'émettre des explications intellectuelles à ses élèves, afin qu'ils corrigent tel ou tel point de la pratique et du mouvement.

 

Effectivement, la méthode d'apprentissage classique, par la mémorisation sécurise tout le monde, les élèves comme le sensei, car en peu de temps, on peut connaitre par coeur et avoir mémorisé beaucoup de katas et de techniques de karaté-do.

Cela rassure les pratiquants, qui ont la sensation d'avancer rapidement en karaté do, de détenir un savoir auquel ils s'accrochent. Cela rassure le sensei, qui voit ses élèves contents de connaitre par coeur de nombreux katas en un an de pratique par exemple.

Mais est-ce cela "apprendre véritablement ?", amasser des connaissances par l'imitation et la recopie, est-ce que la "quantité " développe et installe la véritable compréhension? A part être rassuré, quel est l'état d'esprit du pratiquant qui apprend ainsi? 

Est-ce cela apprendre le karaté-do et avancer sur la VOIE?

Apprend-t-on le karaté-do comme on apprend à coudre, à mémoriser une recette de cuisine, à conduire etc? 

 

Je vous laisse trouver vos réponses, j'ai la mienne.

 

bien amicalement

 

Gil SERRE.

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Serge Chasson 02/11/2010 12:16



Bon, aller, YAME!


tchou.


C'est sympa de créer un blog comme le tien. peux tu me donner quelques infos à ce sujet?( je suis nul en informatique)


Merci d'avance.


 


                   SERGE


 


 


 



SERRE 02/11/2010 12:49



c'est tres simple , tu tapes overblog sur google


et tu lance ton blog


je suis très loin de m'y connaître en informatique!


bien amicalement


 


gil



Serge Chasson 02/11/2010 11:59



Bon, et puis, après tout, cher Gil, chacun son truc.


Je respecte ton point de vue.Si tu te sens bien dans ton Keiko, c'est l'essentiel, non?


Et puis, MA vérité, n'est que la mienne, c'est ce que j'estime juste pour moi;


C'est ce qui manque le plus entre humains, la tolérance, il me semble.


Hélas, trop de formules creuses et vides alimentent la littérature martiale...On ne sait plus de quoi on parle, pour finir. La vigilance, la précision, la justesse,c'est également à ce niveau là
que ça se joue.


L'idéologie du Zen plane sur les arts martiaux, et en dénaturent le sens et l'esprit. Le Zen n'a rien à voir avec le Budo, qui , lui, relève plutôt de la voie chamanique.


 


Bises.


 


                        SERGE



SERRE 02/11/2010 12:08



merci Serge


nos échanges peuvent éclairer le lecteur


 


c'es l'intérêt aussi


mais ne fragmentons pas la pratique, Zen, arts martiaux de l'autre coté, arts chinois de l'autre etc.............


cela ne mène pas à la compréhension..................la fragmentation et la division, c'est une habitude difficile à perdre.


 


bien amicalement


 


gil


 



Serge Chasson 02/11/2010 11:34



Aller, je te donne un dernier avis, à te lire, mon cher Gil:


( après, je dois te quitter, car j'ai à faire).


L'idéologie , venue d'Orient, selon laquelle la pensée, le mental, l'idée, etc, seraient connotés négativement, est hélas, très répandue. c'est de l'orientalisme de bazar.Ta démarche, excuse moi,
n'est pas valide; je veux dire, ta posture intellectuelle; tu ne peux, en même temps soulever nombre des questions que tu poses, et prendre ensuite la fuite en disant que non, la réalité n'est
pas complexe, et que la pensée, c'est le mal absolu ( je caricature).  Ce n'est pas intellectuellement honnête. Opposer pensée et ressenti est une erreur assez commune dans notre milieu; il
ne faut pas oublier que les humains sont des êtres de langage, et pas des plantes vertes ressentant la brise au gré du vent.
En somme, le ressenti pur, ça n'existe pas; TOUT, passe par la représentation mentale; et ceci est fondé également en Budo.


Aller, je te donne un (petit) secret: Le Karate Do, c'est de la conversation.


( ça t'arrange pas , hein?).


amicalement.


 


                                  
Serge.



SERRE 02/11/2010 11:49



Loin de moi l'idée de diaboliser la pensée!


la pensée est indispensable dans notre vie et pour notre survie, comment démarrer ma voiture sinon?, comment retrouver le chemin de ma maison?


mais il convient de la remettre à sa juste place, c'est aussi un des objectifs d'un bon keiko,


bien amicalement


 


 



Serge Chasson 02/11/2010 11:00



Bon, je viens de relire ton dernier ( tes ) écrits? Tu évoques " l'apprentissage par perception directe". Ce sont tes mots.


permets moi de te poser une question alors, sous forme d'énigme, dans notre contexte: Que veux tu apprendre à tes élèves ( et à toi-même, je suppose?), à travers le Shotokai?


Cela me parait nécéssaire que tu puisse répondre à cette question, qui est sous jacente dans tous tes écrits. De quoi s'agit-il? De quoi parles tu? Alors, on
pourra voir la pratique à partir de ça.


Ne réponds pas tout de suite. Laisse venir les choses calmement.


Autrement dit, c'est quoi, pour toi, ta pratique?


 


a bientôt.


 


                               SERGE



SERRE 02/11/2010 11:28



re bonjour


 


je suis étonné que tu me poses cette question.


à travers la pratique, je mets les pratiquants sur le chemin de la compréhension d'eux-même.


cela nécessite un bon équilibre énergétique, le développement d'une vigilance et d'une écoute intérieure aiguisée, la compréhension grâce à cette écoute intérieure des mouvements physiologiques,
du "MOI" et des mécanismes de l'esprit. La compréhension de la place du souffle dans la pratique et donc dans la VIE etc....................


 


 


 



Serge Chasson 02/11/2010 10:51



Bon, Gil, je vois que tu es très réactif. Comme j'ai un peu de temps, je prends la balle au bond.


Il faut se garder de faire du Budocentrisme ( comme d'autres ont fait ou font de l'ethnocentrisme, soit penser le monde à travers leurs propres lunettes...les psychanalystes font, hélas, très
bien ça..)


Si les arts martiaux rendaient intelligent, ça se saurait, et je serais très riche, mais non. disons que ça peut nous rendre meilleurs, ce qui n'est déja pas négligeable. bref.


Apprendre, comme tu dis, est d'une complexité infinie. Il y des gens qui passent leurs vies à travailler là dessus, donc, pas de simplisme, encore une fois.ça ne peut donc pas se résumer en un
tour de phrase ici. En sciences humaines, il y désormais un courant qui se caractérise par l'idée que la réalité, est d'une très grande complexité. Ainsi, toute théorie ne peut jamais embrasser
l'ensemble d'une infinie complexité du vivant; ceci est vrai également pour l'apprentissage gestuel.Mais ceci, dans le fond, n'est pas très important, sinon à nous rendre plus tolérant pour la
voie et la science des autres.


Pour revenir au Karate Do, le vingtième Kokyn ( " Cherche et élabore toujours"), est une réponse.Après, tout dépend de nos sensibilités propres, en tant que sensei; qu'est ce qui nous parait le
plus important? La technique, les individus, l'eficacité, la méditation dans le mouvement, etc.?


En somme, il faut trouver son propre style de prof.


Personnellement, bien qu'actuellement je n'aie plus de club ou dojo ( mais ça va revenir!), j'ai constaté que pour moi, ce qui était  au premier plan, dans le Keiko, c'est l'aspect "
sprituel". autrement dit, l'entrée, par le geste, dans un espace sacré ( voir le sabre de Sekuin).Une sorte d'espace méditatif, mais cela se fait par le corporel, et surtout, c'est une question "
d'ambiance". un espace créatif, artistique, appelle ça comme tu veux. Mais, comme la réalité est toujours complexe, j'aime aussi le contact, le tai jutsu martial, etc. cependant, mon axe revient
toujours là autour, le dépassement du conflit et des contradictions dans le keiko. Me demande pas comment ça se passe, j'en sais rien.


Tel style de prof attire tel type d'élèves, et ainsi de suite.


Par ailleurs, ce que je peux te dire sur APPRENDRE, c'est que la mémoire y ocupe une place de choix, ainsi que la répétition, et l'imitation. Désolé pour les new agistes du Budo!


Enfin , ta réponse pose de nombreuses questions, impossibles à développer ici, en, particulier celle de la liberté. Ton style, c'est peut être le Karaté -Philo??!! ( je rigole).


 


A plus.


 


                                    
SERGE


 


 


 



SERRE 02/11/2010 11:04



merci Serge,


Je crois que la réalité n'est pas complexe, car la VIE est neutre et sans gout, à mon sens.


la complexité est la conséquence de notre incompréhension de nous même à mon sens, et la pratique et le keiko sont un formidable outil.


enfin, je ne fais surtout pas de philo ni de psychologie, je ne remue pas les idées et l'esprit et son contenu comme un sac rempli de souvenirs et d'expériences, espérant en l'agitant, en voir
ressortir une quelconque vérité. en effet, remuer un contenu, ne peut rendre rien d'autre que ce contenu sous une autre forme, ce qui n'a aucun intérêt, c'est du BRAINSTORMING selon moi.
totalement inefficace et sans intérêt dans les arts martiaux.


 


ceci est à l'opposé de ma démarche et de ma conception de la voie.