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KARATE DO SHOTOKAI   Tain Tournon yamato kan karaté do shotokai

L’énergie, le KI dans le KARATE-DO et dans les Arts martiaux

7 Mars 2011 , Rédigé par SERRE Publié dans #--TEXTE sur l'énergie - la respiration -l'attention

L’énergie, le KI dans le KARATE-DO et dans les Arts martiaux

 

 

Il me semble important, sans avoir la volonté d’être exhaustif ou étroit, d’aborder la notion abstraite de « l’énergie vitale », ou encore du KI (en japonais) ou du CHI (en chinois) en karaté-do et dans les arts martiaux en général.

 

Deux éléments fondamentaux conditionnent fortement l’énergie du pratiquant de karaté-do ou de tous autres arts martiaux,

 

 

Ces deux éléments sont la « respiration » et « l’attention ».

 

 

Ils symbolisent l’union du corps (la respiration) et de l’esprit (l’attention)

Comme dans le terme KARATE-DO

Photo0079  

 

ü    Sur la notion « d’ATTENTION »

 

 

L’ATTENTION nous ramène au « DO » de karaté-do, à la « VOIE », à l’aspect spirituel de la pratique, qui reste sans aucun doute un élément fondamental de l’art martial, indissociable de l’aspect technique et sportif, mais trop souvent mis au second plan, par méconnaissance ou par ignorance.

 

« L’attention » demande un vrai travail, souvent difficile à réaliser, car plus abstrait, alors que répéter un Mae geri  vingt fois semble plus simple et plus mécanique (bien que ?). (Mae geri=coup de pied vers l'avant, bassin de face)

 

 

Bien entendu, le sensei en karaté-do, doit sélectionner des exercices qui permettent à la fois de travailler le corps et la technique martiale tout en développant « l’ATTENTION » du pratiquant. Et toute la difficulté pédagogique se situe dans le choix des exercices, des progressions techniques permettant d’avancer sur le chemin de « l’ATTENTION », tout en progressant techniquement, et sur le plan corporel.

 

Il est bien évident que si le sensei ignore ce qu’est « l’ATTENTION », et qu’il n’en a pas fait lui-même l’expérience, il ne pourra en aucun cas développer des exercices pour amener ses élèves à en faire l’expérience.

 

Alors, qu’est-ce que « l’ATTENTION » ? Que mettre concrètement derrière ce mot ? Et comment la travailler dans un cours de KARATE-DO ou d’arts martiaux ?

 

C’est toute la question de la pédagogie face à un élément qui nous apparait comme abstrait car ne relevant pas uniquement des seuls aspects physiques ou corporels.

 

 

« Etre attentif » en langage courant ne prend-il pas le sens de ne pas avoir un mental dispersé ?  Il me semble,

 

« Etre attentif » n’est-ce pas, ne pas se préoccuper de plusieurs choses à la fois ?

 

Qu’en pensez-vous ? Réfléchissez s’il vous plait ! Ne soyez pas PASSIF !

 

 

Mais saisissez bien la différence entre :

 

Ne pas se préoccuper mentalement de plusieurs choses à la fois

Et

Ne pas être capable de faire face à plusieurs situations à la fois ou à une situation multiple,

 

c’est totalement différent.

 

 

 

  En effet, un esprit ATTENTIF qui ne se préoccupe de rien de précis, et qui met par conséquent toute son énergie dans ce qu’il fait, est capable de faire face instantanément à plusieurs problèmes à la fois qui surgissent et cela avec succès. C’est le cas dans un combat ou vous êtes attaqué par plusieurs adversaires sans y avoir été préparé.

 

 

Et pourquoi souhaiter que notre esprit ne soit pas à priori préoccupé par plusieurs fronts ou questions à la fois ?

 

Vous êtes vous déjà posé cette question, qu’est-ce que l’ATTENTION ? Dans le karaté-do shotokai ou dans la vie courante.

 

   

Pourquoi souhaiter que notre mental soit pleinement ATTENTIF à une seule situation à laquelle nous faisons face ? Questionnez-vous ?

 

 

N’est-ce pas parce que l’esprit dispose alors de sa pleine et entière ENERGIE lorsqu’il est totalement présent à une seule situation, lorsqu’il est en état d’ATTENTION totale,  que cette  situation soit un  combat ou non.

 

  

La question suivante serait, qu’est-ce qu’être présent à une seule situation ? En état d’attention totale et disposer ainsi de sa pleine énergie (ne plus avoir d’énergie perdue).

 

 

Interrogez-vous dans votre tête ? Je fais kihon oi tsuki chudan, quel est l’état de mon esprit qui est parfaitement ATTENTIF et qui dispose par conséquent de sa totale énergie dans l’exécution de ce kihon ? (le kihon correspond à des enchaînements techniques avec ou sans déplacements)

 

 

Qu’est-ce qui se passe dans ma tête ? L’avez-vous déjà observé ? Vu ? Dans votre tête, sans juger ce qui s’y passe et sans être pris à parti, avec une observation NEUTRE ! Donc sans observateur !

  

Cela demande une grande « écoute intérieure » passive et neutre, un « état de non savoir ».

 

 

Vous êtes-vous mis, en lisant ce texte et ces questions, en état d’écoute intérieure, et avez-vous trouvé la réponse en vous-même ?

 

 

Quel est l’état, la tonalité, de l’esprit ATTENTIF, qui dispose donc de toute son énergie afin d’exécuter ce travail de kion pendant le KEIKO ?

 

 

Cet esprit ou ce mental est il dispersé ? Préoccupé par diverses pensées ou idées ? Ce mental ATTENTIF répond-il à ses propres questionnements ? Est-il en train d’attendre ? De chercher quelque chose ? Entretient-il une conversation avec une pensée qui peut surgir de sa mémoire et de ses souvenirs d’une manière soudaine pendant le kihon ? Assurément non.

 

Qu’en pensez-vous ? Non intellectuellement, non à travers une réponse livresque, mais à travers ce que vous ressentez dans votre tête ?

 

 

Afin de répondre, remettez-vous dans cette situation de travail en kihon sur oi tsuki chudan en ligne par exemple, et observez l’état de votre esprit, sans juger cet état, juste en regardant, en état d’écoute intérieure, dans votre tête.

 

 

Répondez à vous-même, car je n’ai aucune réponse à vous donnez, c’est à vous et vous seul à en faire l’expérience, sinon tout notre travail est inutile, si vous me lisez comme un roman ou un livre.

 

 

Un esprit attentif est un esprit qui a compris, non seulement intellectuellement, que les pensées et les idées sont une cause importante d’insensibilité, d’émotivité extrême, de dispersion et de perte importante d’énergie. Cette cause  met en danger le pratiquant de karaté-do, car dans un combat pour la vie, c’est la mort assurée !

 

 

Un esprit attentif dans le domaine du karaté-do shotokai et dans les Arts martiaux est un mental qui connait parfaitement son propre fonctionnement et qui, par conséquent, ne lutte plus et n’est plus aux prises avec ses idées et ses pensées, disposant ainsi de sa pleine énergie dans l’instant.

 

 

Dans les Arts martiaux et dans le KARATE-DO, on parle souvent de MUSHIN, esprit vide, esprit sans pensées...ceci n’indique pas que la pensée est néfaste ! Ou qu’elle doit être rejetée ou repoussée ! Et que l’on doit s’entraîner, comme ceux qui n’ont pas compris la méditation à ne pas avoir de pensées dans sa tête !

 

 

Absolument pas, la pensée est utile, car avant chaque action il y a forcément la pensée qui intervient, sinon comment exécuter un kihon si l’on ne l’envisage pas au préalable dans sa tête (dans son mental), comment trouver le chemin du DOJO, si la pensée est absente ? Me comprenez-vous ?

 

 

Mon propos n’est pas de remettre en cause l’utilité de la pensée ! Car « PENSER »  est indiscutablement vitale.

 

La question est, la pensée qui me permet de trouver le chemin du DOJO, ou de descendre en kihon, est-elle source de perturbation et de dispersion ou de perte d’énergie ?  Assurément non.

 

 

Ce n’est pas la pensée elle-même qui pose problème, c’est la relation de l’esprit à son fonctionnement ou à lui-même qui peut être perturbatrice et réductrice d’énergie.

 

  

Le pratiquant de karaté-do dont l’esprit est en état d’ATTENTION a ses cinq sens très ouverts et développés, il est très sensible ! Le moindre bruit même très peu sonore, atteint ses tympans… Il dispose de l'intégralité de son énergie.

 

  

ü    Sur la « RESPIRATION »

 

  

La respiration nous ramène au corps, « karaté » dans karaté- do. Le « do » concernant l’esprit.

 

Une bonne respiration consciente permet un bon dynamisme de l’énergie vitale du pratiquant d’Art martiaux ou de karaté-do. (cf. articles de ce blog : « texte sur l’énergie vitale.. » et « texte sur la respiration.. » rubrique pédagogie)

 

Mais il n’y a en réalité pas qu’une seule manière de respirer, il y en a même des dizaines, et dire que l’une dépasse l’autre, est certainement une erreur.

 

Il convient avant tout de déterminer quelles sont nos attentes vis-à-vis du processus respiratoire, qu’en attendons-nous dans la pratique des arts martiaux et du karaté-do shotokai ?

 

C’est la réponse à cette question préalable qui devrait orienter valablement notre choix en termes de manière de respirer ou de processus respiratoire.

Hormis la nécessité vitale de respirer, afin d’apporter l’oxygène indispensable aux cellules du corps pour produire de l’énergie et évacuer le dioxyde de carbone, déchet produit à l’occasion de cette réaction, la respiration, dans le KARATE-DO est un lien essentiel entre le corps et l’esprit.

 

 

CORPS<--------------> SOUFFLE<---------------->MENTAL

 

 

Mais qu’attendons-nous de la respiration dans la pratique des arts martiaux et du karaté-do shotokai ?

 

Dans les Arts Martiaux, on parle souvent d’énergie vitale, de KI ou de CHI, cette énergie qui anime toute VIE, est distincte de l’énergie citée plus haut dans ce texte, produite à l’occasion de la réaction d’oxydo-réduction.

 

Ainsi, une bonne respiration consciente permet de maintenir l’énergie vitale à un bon niveau et est nécessaire à un bon dynamisme du KI.

 

 

En effet, la pratique martiale demande et « consomme » beaucoup d’énergie vitale, de part l’intensité et la passion qu’il est indispensable de mettre à chaque seconde dans chaque mouvement, exercice ou posture, ainsi, une respiration adaptée, et synchronisée avec le mouvement, permet de reconstituer et de dynamiser instant après instant l’énergie vitale du pratiquant de karaté-do shotokai.

 

 

Sans parcourir les dizaines de possibilités ou manières de respirer, nous en examinerons deux, qui me paraissent fondamentales et répandues dans la pratique des arts martiaux et du karaté-do.

 

 

La respiration diaphragmatique et la respiration thoracique.

 

 

Bien entendu, discuter du processus respiratoire est inutile, si le travail reste sur un plan intellectuel, c’est-à-dire que le lecteur ou le pratiquant doit faire l’expérience par lui-même de ce qui est dit sur la respiration et ses liens avec l’énergie vitale.

 

Ainsi, le lecteur doit lire, se mettre en état d’écoute intérieure, respirer et ressentir par lui-même et en lui-même les effets sur sa propre énergie vitale ou KI, de telle ou telle manière de respirer. C’est une condition essentielle à l’apprentissage, « faire l’expérience soi-même de la chose ». Et bien entendu,  profiter du Keiko pour en faire l’expérience.

 



Sur la respiration diaphragmatique :

 

 

Dans les arts martiaux et d’autres pratiques zen, la respiration diaphragmatique est très usitée, hormis ses implications thérapeutiques (massage des viscères..) sur lesquelles je ne m’étendrais pas, selon certains experts, c’est une respiration qui permet un bon dynamisme de l’énergie vitale.

 

La respiration diaphragmatique consiste (avec des variantes) à laisser libre le diaphragme, muscle séparant les viscères des poumons, le diaphragme se contractant sur l’inspiration en créant un vide permettant à l’air de pénétrer les poumons et se relâchant sur l’expiration (état passif sur l’expiration), en remontant, réduisant ainsi l’espace pulmonaire et créant l’expiration.

 

Ce mouvement du diaphragme, dans ce type de respiration appelée « diaphragmatique » est laissé libre, voir accentué ou amplifié volontairement.

 

Il convient que le pratiquant d’arts martiaux ou de karaté-do teste cette respiration, et ressente l’effet de ce type de respiration, directement, sans y réfléchir, sur son énergie vitale.

 

En effet, un bon dynamisme du KI se ressent intérieurement à travers une grande sensation de fraîcheur dans sa tête qui remonte des poumons et une sensation de pleine énergie et de grande JOIE dans son corps et dans son mental. Le pratiquant expérimenté qui a développé l’écoute intérieure connait ces sensations…

 

 

Ainsi, il semble après expérimentation, qu’une perte importante d’énergie se fasse par le bas, par le HARA, lors de la respiration diaphragmatique, ce qui a pour effet d’amener au pratiquant un moindre dynamisme en terme d’énergie vitale.

 

Encore une fois il convient de l’expérimenter, libérer le diaphragme, vers le bas amènerait un dynamisme du KI plus faible que s’il y avait réduction de l’espace contenant l’air, lors de l’inspiration.

 

Bien entendu, il se peut qu’une respiration diaphragmatique consistant à confiner l’air entre un effet YANG des muscles pelviens (contractés) et un diaphragme très libre et contracté vers le bas à l’inspiration permette de corriger ce faible dynamisme du KI, et permette d’amener une plus grande énergie vitale au niveau du HARA.

 

 

Mais on peut émettre des doutes sur la capacité à obtenir un bon dynamisme de l’énergie vitale du pratiquant de karaté-do à l’aide de la respiration diaphragmatique (sauf variantes suscitées au paragraphe précédent, que je n'ai pas validé personnellement), car l’énergie fuit naturellement par le bas du corps si il est "YIN".

 

 

Ceci dit cette méthode respiratoire est très utilisée dans les arts martiaux et le karaté-do.

 

 

 

Sur la respiration thoracique :

 

 

La respiration thoracique consiste à réduire le mouvement du diaphragme, afin de confiner l’oxygène dans la cage thoracique et en haut de la trachée.


 

Sur l'inspiration qui est contrôlée, contrairement à l'expiration qui est laissée libre, le diaphragme est empéché de descendre, ce qui a pour effet, de confiner l'air, et de mettre beaucoup plus de pression d'air dans le haut de la cage thoracique et au niveau de la trachée.


 

Une augmentation de la pression d'oxygène en haut de la trachée et dans la cage thoracique engendre plus d'énergie, ou plutôt un plus grand dynamisme de l'énergie vitale ou du KI, avec une forte remontée du KI et une forte sensation de fraîcheur et de bien-être au niveau du mental et du cerveau physique.



 

bien entendu, ceci reste à expérimenter avant d'être validé par chaque pratiquant, car il va de soi, que seule l'expérience personnelle compte, sinon tout ceci ne reste que de la litterature inutile...

 


 

Comment respirer thoraciquement ?

 

 

Comme nous l'avons précisé, l' inspiration est guidée, alors que l'expiration est laissée libre.


 

Le mouvement respiratoire en karaté-do (et dans d'autres disciplines), dans la respiration thoracique démarre du HARA, et plus précisémment par une rétroversion du bassin, et son effet "YANGISANT "(contraction des muscles pélviens, contrôlée, et des fessiers sur leur niveau inférieur), provoquant ainsi un basculement du bassin et une mise à la verticale du bas du dos ou des vertèbres lombaires (effet protecteur des vertèbres lombaires, comme effet secondaire).


 

Si nous voulions aller encore plus loin et plus en détail , nous verrions, qu'avant même le HARA, le mouvement respiratoire thoracique en karaté-do, démarre des jambes...


 

La contraction du HARA citée ci-dessus, avec un effet YANG, installe le bassin comme SOCLE ou base du mouvement respiratoire,


 

Les muscles inspirateurs, à l'avant et à l'arrière de la cage thoracique, vont provoquer son ouverture en largeur et vers le haut, côté plexus et côté épaule à la fois, alors que la contraction vers le bas et la descente du diaphragme est bloquée, par un double effet ou une double cause:


1/ l'effet YANG du HARA et la contraction des muscles pélviens,

 

2/la volonté, grâce à l'action des muscles inspirateurs, de tirer la cage thoracique et l'inspiration vers le haut du buste et du corps, cette volonté fixant ou figeant ainsi le diaphragme.


 

Ceci a pour effet, de conserver l'air en haut de la trachée, et dans le haut de la cage thoracique, en augmentant la pression d'air en haut, amenant un très fort dynamisme du KI ou du CHI, ou de l'énergie vitale.


 

A l'inspiration, la cage thoracique est tractée par le haut et poussée par le bas, avec la sensation que l'estomac remonte et pénètre dans l'espace thoracique. 


 

On peut aussi donner l'image du parapluie qui s'ouvre, avec la colonne vertébrale faisant office de manche du parapluie.


 

Il convient de ne pas monter les épaules à l'inspiration, puis de laisser libre à l'expiration.

 

il est nécessaire de rentrer le menton, ce qui a pour effet d'ouvrir un peu plus le chemin de l'oxygène, donc la trachée,  et de mettre en élongation les vertèbres cervicales, ce qui a un effet bénéfique sur le niveau du KI ou de l'énergie vitale.

 


On pourra ressentir dans sa tête au rythme de la respiration thoracique, un bon dynamisme de l'énergie vitale...

 

 

bien entendu, il convient de synchroniser le mouvement respiratoire avec le mouvement du corps, dans la pratique de l'Art martial, et du karaté-do shotokai.

 


 

Une bonne respiration permet notamment de terminer toute technique de karaté-do, ou un KATA par exemple, avec autant d'énergie (sinon plus), qu'au départ du KATA. Alors, qu'on voit souvent des pratiquants épuisés en fin de KATA.

 


 

Gil SERRE.

 

 

 

 

 

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