la respiration et l'état d'unité dans les arts martiaux

Publié le par SERRE

LA RESPIRATION dans les ARTS MARTIAUX

 

A.                      La respiration en tant qu’échange vital

 

La respiration nous rappelle que nous faisons parti d’un tout ou d’un ensemble plus important.

 

En effet, ce système très perfectionné d’échange vital avec l’extérieur, avec notre environnement, nous rappelle que notre survie et notre santé sont étroitement liées à notre environnement, à l’univers tout entier.

 

Une telle constatation met à mal notre « individualité », notre MOI. En effet, son désir de pouvoir, de puissance, d’être l’unique et les peurs induites… ne lui autorisent pas la dépendance.

 

Ainsi, si nous comprenons puis acceptons cette interdépendance, ou cet état d’unité de la « VIE », nous pouvons aborder avec quiétude et pleine conscience le processus de respiration (d’échange vital avec notre environnement).

 

Il n’y a pas d’êtres « vivants », dans le sens, d’êtres animés d’une énergie vitale, qui ne respirent pas, ou qui ne procèdent pas d’un tel échange avec son environnement. C’est bien le signe d’un lien très étroit entre la VIE (le flux vital) et le processus de la respiration (avec ou sans poumon). Ainsi, dès qu’il y a échange (relation), il y a la VIE.

 

Dans les arts martiaux, avant tout travail technique, l’installation du CALME est indispensable, cet apaisement, nous l’avons vu, doit s’installer physiquement (le corps) et mentalement(l’esprit), mais l’installation de l’un est étroitement liée à l’autre et inversement. En effet, le véritable et profond apaisement ne peut pas être un simple relâchement musculaire, mais non plus un état passager d’absence de pensées.

 

La respiration a un rôle fondamental dans cette étape de recherche de calme intérieur ou de SILENCE INTERIEUR. En effet, l’oxygène qui entre plein poumon dynamise l’énergie vitale du pratiquant et lui apporte un bien-être physique important, voir « enivrant », pour ceux qui ne connaissaient antérieurement qu’une respiration partielle ou superficielle. Nous verrons que d’une bonne expiration dépendra une profonde inspiration. Le pratiquant qui respire en pleine conscience, et profondément, ressent une détente corporelle, une fraicheur intérieure, un important bien-être qui s’installe au niveau de la cage thoracique puis irradie dans l’ensemble du corps. Les tensions refoulées ou enfouies remontent à la surface de la conscience, de la peau et se dissolvent.

 

La conséquence simultanée en est une détente, un relâchement du mental, ou une plus grande facilité pour l’esprit à lâcher prise (sur certaines situations douloureuses, refoulées ou mal vécues… non forcément immédiatement conscientes).

Nous touchons ici au lien permanent et évident entre notre corps et notre esprit. La réelle détente de l’un agit sur l’autre, ou plutôt, il existe une interaction permanente entre les deux.

 

Une bonne respiration est un élément moteur dans l’installation d’une sérénité intérieure, indispensable à la pratique des arts martiaux, et certainement plus largement, à une vie harmonieuse.

 

B.                    Comment respirer ?

 

Il n’y a pas une manière unique de respirer. L’important est d’installer une respiration qui dynamise le « KI » ou l’énergie vitale, et qui irradie l’ensemble du corps et des organes, et aide, voir provoque un tel relâchement du mental que le LACHER-PRISE de l’esprit devient possible dans l’instant.

 

Cet état ne peut être installé uniquement quand le pratiquant n’est plus que sa respiration.

 

Mais que veut dire être sa propre respiration ?

 

Il n’y a plus la respiration et MOI, il y a «  l’oxygène qui entre et l’air vicié qui sort », un point c’est tout ! C’est l’état d’unité.

 

 

 

Si vous ne comprenez pas encore, et c’est surement le cas, il vous faudra en faire l’expérience directe, car c’est incompréhensible à votre esprit.

 

 

 

 

 

 

 

Nous détaillerons ci-après deux façons de respirer avec la volonté de stimuler l’énergie vitale :

 

 

 

 

La respiration ventrale ou abdominale :

 

Elle peut être pratiquée ou installée idéalement en seiza ou allongé sur le dos au départ, en situation de relaxation ou de méditation,  puis dans chaque attitude ou exercice, qu’ils soient dynamiques ou statiques.

 

La colonne d’air doit être installée, l’objectif est de trouver de la verticalité à la colonne vertébrale, afin que l’oxygène et l’énergie vitale circule idéalement, sans barrage ni opposition. Par exemple allongé sur le dos, prendre ses fesses dans ses mains, descendre ses fesses afin d’asseoir ses vertèbres lombaires au sol, à plat, puis remonter lentement, passer au filtre de sa pleine conscience le déroulé de sa colonne vertébrale en tournant son regard vers l’intérieur.

 

Arrivé au niveau des omoplates, pousser vers l’avant ses deux épaules, sans force ni insistance, asseoir la colonne à plat, puis remonter vers les vertèbres cervicales en imaginant l’arrière du crâne accroché par le haut, ce qui a pour conséquence de rentrer le menton légèrement et d’asseoir (enfin pas complètement) les vertèbres cervicales au sol. Il convient enfin de détendre le visage en caressant mentalement les muscles derrières les oreilles, l’objectif étant de lisser le visage et de détendre la tête.

 

De l’expiration pleine et entière dépend une bonne inspiration,

 

L’inspiration s’effectue par le nez et les deux narines, l’attention est portée vers l’intérieur, il convient de ressentir, de percevoir son propre état intérieur sans y réfléchir et sans aucunes pensées ni jugements d’aucune sorte. C’est l’état de perception.

 

On peut au départ concentrer son attention sur l’oxygène et l’énergie vitale qui entre par les deux narines, les frôle au passage, descend la trachée, entre dans les

Poumons, entre plein poumon.

Il est important, tout au moins au début d’insister, mais sans force, en inspirant plus profondément qu’à l’habitude, en effet, notre respiration habituelle est trop souvent superficielle.

 

L’oxygène entre plein poumon, pousse le diaphragme, emplit la cage thoracique puis ressort par la bouche. Les cotes s’écartent au début plus qu’à l’habitude, un massage interne se réalise au niveau de la cage thoracique.

 

Le regard  est tourné vers l’intérieur, si une idée apparaît, il convient de ne pas la refouler mais de ne pas discourir avec celle-ci, elle se dissoudra d’elle-même.

 

Au rythme de la respiration, la fraîcheur installée va permettre de ralentir lentement et naturellement le processus de pensée, ainsi le mental s’apaise, il produit moins d’idées, le calme intérieur s’installe…

 

A un stade donné, il n’y a plus que la respiration. C’est l’état d’UNITE.

 

Dans d’autres arts, comme le yoga, on trouvera d’autres façons de respirer :

 

Inspiration et expiration par le nez, contraction légère du bas ventre afin de conserver l’oxygène et l’énergie dans la cage thoracique et dans le haut de la trachée etc.

 

Je n’irais pas plus loin sur ce thème.

 

C.                    L’état d’unité

 

 

 

S’il y a un élément essentiel dans cet article, c’est l’état d’unité, il ne s’appréhende pas par l’intellect, mais par l’expérience directe.

 

Revenons sur la respiration, quand vous êtes en cours ou seul, en situation de recherche de relaxation, vous allez tout d’abord installer votre respiration, c’est-à-dire que vous allez vous mettre en place (le corps et le mental) afin de pouvoir respirer dans les meilleures conditions (mettre en place la verticalité de la colonne vertébrale etc. pour le corps, et pour le mental, porter votre attention sur l’oxygène qui entre etc.).

 

A ce stade, il y a vous qui avez pour objectif d’installer votre respiration et il y a en face de vous la respiration qui se met en place.

 

Il y a donc bien 2 entités, vous êtes toujours divisé, c’est l’état de dualité. Beaucoup d’entre nous, pour ne pas dire la plupart d’entre nous n’arrivent pas à quitter cet état de dualité source de contradictions et de conflits.

 

Si vous passez au delà de cet état, il n’y a plus vous et la respiration, il n’y a plus que la respiration, vous entrez dans un état de non dualité que

J’appelle l’état d’unité.

Cet état d’unité, est fondamental car c’est un état dans lequel le MOI est absent, ce qui permet au pratiquant d’être.

 

C’est un état ou la résistance, la souffrance, le conflit n’existent pas.

 

C’est un état de pleine conscience.

 

Ne vous le fixez jamais pour objectif, sinon vous ne l’atteindrez jamais. Installez-vous et laissez faire.

 

Bien entendu, au début, faites vous guider par un bon professeur, mais ensuite vous avez tout en vous, pour entrer librement dans l’état d’unité.

 

 

Maintenant, c’est à vous d’en faire l’expérience !

 

N’hésitez pas ensuite à me faire part de vos commentaires.

 

Gil SERRE.

 

Prochain article : après le SEIZA, la respiration,

Il portera sur la TAISSO…   à bientôt

 

 

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sistershaft 06/01/2010 09:08


De bons conseils - à suivre régulièrement! Il est tellement important de maîtriser son souffle, d'utiliser tous les moyens que la nature nous a donné pour être bien à l'intérieur et dans son
esprit.

Merci pour le lien et bonne continuation.