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KARATE DO SHOTOKAI   Tain Tournon yamato kan karaté do shotokai

Le Karaté-do shotokai, une APPROCHE et une VOIE GLOBALE

28 Août 2010 , Rédigé par SERRE Publié dans #--TEXTE sur le KARATE-DO une VOIE GLOBALE

Le Karaté-do shotokai, une APPROCHE et une VOIE GLOBALE

 

Karaté pour le corps et Do pour l’esprit

 

La main vide pour le corps et la voie pour l’esprit

  Photo0079

Comme j’ai pu le souligner il y a un an lors de la création de ce blog, je souhaitais approfondir les liens entre les aspects que j’appellerais sportifs de la pratique (liés au corps, au physique) et les aspects que je qualifierais de spirituels (liés au mental, à l’esprit).

 

Même si ce découpage n’a pas forcément et concrètement un sens réel, car nous sommes un TOUT indissociable, voyons-le si vous le voulez bien comme une simplification utile à notre réflexion.

 

Je commencerais par une interrogation,

 

Peut-on entrer dans le keiko, prenons l’exemple d’un travail en Kihon sur oi zuki niveau chudan en zen kutsu dachi, avec un état intérieur agité suite à une journée de travail difficile et stressante ?

 

Pour beaucoup la réponse est oui, car effectivement rien ne nous empêche de faire ce kihon en étant tendu mentalement et intérieurement, suite à cette journée de travail difficile qui nous a laissé des séquelles dans la tête à travers des pensées perturbantes, ainsi que des tensions physiques qui sont les conséquences de ces séquelles psychologiques, dans les omoplates, souvent au sternum ou ailleurs (nœud au ventre…)

 

Mais il est évident que ces tensions psychosomatiques (ce terme indiquant que l’esprit influence le corps) auront de fâcheuses conséquences sur notre pratique du kihon.

 

Ainsi,

 

ü    le mouvement risque d’avoir peu de naturel et de spontanéité, car le mental est encore prisonnier de ses pensées négatives relatives à cette difficile et éprouvante journée de travail,

 

ü    les muscles risquent d’être contractés et non déliés toujours en raison d’un esprit préoccupé et non libéré des soucis liés à cette journée de travail difficile,

 

ü     le mental est trop en activité pensant toujours aux problèmes suscités par cette difficile journée, aussi le pratiquant est incapable d’apprendre, il n’est pas présent à son exercice…

 

L’esprit n’est pas silencieux, ce qui empêche le pratiquant d’entrer réellement dans le keiko et en l’occurrence dans notre exemple, dans le kihon.

 

Ainsi, il parait indispensable de se préoccuper en premier lieu de ramener l’esprit à un certain niveau de calme et de silence avant d’entamer à proprement dit le keiko ou l’étude technique du karaté-do shotokai.

 

En réalité, la partie du cours qui consistera à ramener un certain calme intérieur dans le pratiquant est aussi du karaté-do shotokai, car la pratique n’est rien d’autre qu’une approche globale de l’individu, et toute approche partielle ou fragmentaire ne peut que déboucher sur un échec en terme de pratique, car nous sommes un TOUT, un esprit et un corps.

 

 L’ensemble ne fait qu’UN, même si dans les faits le corps est matériel et l’esprit immatériel et constitué principalement de notre individualité (de notre EGO, de notre MOI ou de la somme de nos expériences accumulées jusqu’à aujourd’hui).

 

Bien entendu, des pratiquants anciens et expérimentés me contrediront avec raison en m’indiquant qu’à travers le keiko et le travail technique on peut méditer, c’est-à-dire que méditation  et pratique technique et martiale se réalisent simultanément et immédiatement, c’est-à dire sans décalage temporel (simplifions en disant  que la méditation est l’acte qui consiste à ramener du calme et de la lucidité en nous, donc intérieurement, dans notre tête, ce qui a pour conséquence de provoquer la dissolution des tensions corporelles).

 

C’est en partie vrai, mais, pour la plupart des pratiquants, entrer dans le keiko sans avoir au préalable installé un état d’écoute intérieure visant à un retour au calme mental avec des conséquences importantes en terme de libération des tensions au niveau du corps, est très difficile voir impossible. Mais c’est indispensable si l’on souhaite pratiquer dans de bonnes conditions le karaté-do shotokai.

 

Par conséquent, il est conseiller d’introduire dans la continuité du seiza, des exercices allant dans le sens d’installer un mental silencieux, ce qui permettra d’aborder la pratique technique et martiale dans les meilleures conditions.

 

Ces exercices seront des formes diverses méditatives, relaxantes, du travail respiratoire ou de prise de conscience du souffle etc.

 

Bien entendu, cela peut se faire dans le cadre du Taisso (la gymnastique préparatoire à la pratique), en trouvant l’alchimie entre les divers exercices.

 

Il est bien évident, que cet état d’esprit silencieux et donc très ACTIF, ainsi installé, devra être travaillé, conservé et développé tout au long du KEIKO et du travail technique de karaté-do shotokai qui suivra.

 

On pourra ainsi ressentir dans les phases ou l’esprit fait réellement silence (c’est-à-dire que l’intervalle entre deux pensées est très important) que les cinq sens sont très aiguisés et ouverts, et qu’il existe un bon dynamisme de l’énergie intérieure, à condition d’avoir bien installé sa respiration. (Voir articles de ce blog sur le lien entre le dynamisme de l’énergie et la respiration).

 

 

Ainsi, une bonne pratique, devra considérer le pratiquant de karaté-do shotokai comme un TOUT indissociable (un corps et un esprit), sachant qu’à chaque instant nous sommes notre esprit.

 

Le sensei aura pour mission de mettre en place des progressions et des exercices au service, entre autres, de ce constat, ce qui n’est pas « une mince affaire ! », car cela demande au professeur d’avoir lui-même fait l’expérience de ce lien étroit entre le mental et le corps et d’avoir expérimenté le chemin du silence intérieur, sinon c’est peine perdue !

 

L’objectif de ce petit article était de symboliser à travers un exemple la nécessité d’une approche pédagogique prenant en compte le TOUT (esprit et corps du pratiquant), car seule une telle approche permet d’avancer avec cohérence sur la VOIE.

 

Gil SERRE.

 

 

 

 

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