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KARATE DO SHOTOKAI   Tain Tournon yamato kan karaté do shotokai

Le mushin dans les ARTS MARTIAUX et le KARATE-DO

17 Juin 2010 , Rédigé par SERRE Publié dans #--TEXTE sur l'état de VIGILANCE ou mushin

Le mushin dans les ARTS MARTIAUX et le KARATE-DO

 L’état d’écoute, l’état d’attention intérieure, l’état de vigilance ou d’intense observation

 

Photo0162 

Dans la pratique de l’art martial et du karaté-do shotokai, l’état d’écoute intérieure est fondamental. Cet état d’attention ou de pure observation intense est porté non seulement aux mouvements intérieurs physiologiques (flux sanguin, inspire et expire, battements du cœur etc.), aux organes, muscles et articulations, mais aussi aux mouvements de l’esprit (les pensées) qui se produisent pendant le keiko (la pratique).

 

Prenons pour exemple les KATAS, tout en exécutant un kata, si vous êtes dans la réflexion (donc dans le domaine de la pensée et du mouvement de l’esprit), vous interrogeant sur l’image perçue par le public du kata que vous démontrez, le regard intérieur, et l’état d’écoute intérieure n’est pas installé et votre kata n’est qu’une chorégraphie, pur produit de votre EGO, de votre « MOI », qui est en attente d’une satisfaction supplémentaire liée à cette démonstration publique.

 

 

Dès que nous calculons, que nous pensons en termes de résultat, de réussite, d’échec, d’objectifs à atteindre, tout en exécutant telle ou telle technique de karaté-do, nous ne sommes pas dans l’état d’écoute intérieure et dans le MUSHIN (esprit vide, sans calculs).

 

---->Comment procéder? Comment installer l’état de pure observation ou MUSHIN ?

 

Pendant le keiko, il convient de porter son attention intérieurement sur chaque pensée qui peut naître, seconde après seconde, sans porter aucun jugement sur celles-ci, sans condamner, ni tenter de les repousser, ni discuter ou bavarder avec ces pensées…

Il convient juste d’être pleinement attentif « dans sa tête », à chaque mouvement de l’esprit (pensée) ou bruit intérieur, qui ne manque pas d’émerger, tout au moins au début de la pratique.

 

Grâce à cette pure observation intérieure, à cette vigilance, débute l’installation du MUSHIN dans les ARTS MARTIAUX et en KARATE-DO SHOTOKAI.

 

Ainsi, cette intense observation, dénuée de tout jugement, de la pensée et du contenu de l’esprit, dans le cadre d’un mouvement technique permet instantanément à l’esprit de remonter à la source de cette pensée, c’est-à-dire à l’expérience mémorisée, au souvenir, qui lui a donné naissance.

 

Par cette pure attention, sans aucun jugement (sinon c’est la pensée qui intervient sous une autre forme), la pensée prend fin d’elle-même et l’immobilité de l’esprit s’installe instantanément, le MUSHIN est là. Faîtes en l’expérience.

 

Il n’est pas suffisant « d’éviter de discuter avec ses pensées », c’est une image bien entendu, c’est-à-dire d’éviter de les alimenter et de leur donner par conséquent de l’énergie, il convient d’être attentif intérieurement sans porter aucun jugement sur les mouvements de l’esprit (les pensées) et sur son contenu,  cela de façon instantanée.

 

Cette double écoute intérieure, mentale et physiologique, permet à terme d’installer le MUSHIN dans sa pratique, quel que soit la nature du keiko, les katas, le kihon, le combat souple etc.

 

---->Prenons l’exemple du KIHON, comment bien l’enseigner et l’exécuter ?

 

Pour l’enseignant ou le SENSEI, il convient de démontrer la technique ou l’enchainement de KIHON en demandant aux élèves d’être attentifs à ce qu’ils observent extérieurement, en cherchant à le mémoriser.

 

Une fois la technique démontrée par le sensei, les élèves vont se mettre en état d’intense écoute intérieure et vont exécuter la technique d’une façon naturelle et spontanée, sans chercher à corriger le geste même s’il n’est pas parfaitement identique à celui qu’avait pu exécuter le professeur quelques minutes avant.

 

En effet, l’élève doit exécuter le KIHON sans réfléchir, sans faire appel à sa pensée, sans chercher à se rappeler ce que le professeur avait bien pu faire, sinon le geste ou le mouvement perd tout son naturel et toute correction pendant le déroulement du geste enlève toute sa spontanéité à la technique ou à l’enchainement.

 

Si l’élève se corrige en exécutant sa technique, le mental est trop en activité (dans le sens de bruyant et en mouvement) et pas immobile, et le geste naturel et spontané disparait.  

 

Souvent l’élève veut trop se corriger en exécutant le mouvement, soit pour plaire à son sensei, ou parce que le sensei le lui demande, c’est une erreur car toute spontanéité se perd dans le déroulement de l’enchainement technique. En effet, la recherche du résultat immédiat contredit le mouvement naturel, spontané et fluide.

 

Il convient d’agir en deux temps pour l’élève, même s’il doit s’y reprendre à plusieurs fois à la demande du SENSEI,

 

1-observer très attentivement la démonstration de la technique de KIHON exécutée par le sensei, ainsi il y a mémorisation.

 

2-installer l’état d’écoute intérieure et exécuter naturellement le travail de KIHON, sans chercher à se rappeler, ou à se corriger pendant l’exécution. Laisser bouger naturellement le corps.

 

Ainsi, l’élève regarde puis exécute naturellement et spontanément avec un mental immobile et actif, ainsi qu’un regard intérieurement attentif. Surtout ne pas chercher à corriger ou à se corriger en exécutant la technique.

 

Si correction il y a, elles auront lieu après le travail d’exécution du KIHON par l’élève, à travers des explications données par le professeur, avant de refaire l’exercice (démonstration puis exécution).

 

Cette manière de travailler évite de trop penser en termes de réussite, ou de résultat pendant l’action, et facilite l’installation du MUSHIN.

 

 

Seule l’expérience individuelle compte, lire le présent texte ne suffit en aucun cas.

 

Répéter mécaniquement des centaines de fois le même enchainement qu’il soit un kata ou un kihon ne suffit pas, c’est même absurde et sans effet concernant l’atteinte du MUSHIN (esprit vide ou sans pensées, donc parfaitement ATTENTIF et ACTIF).

 

En effet, l’état d’écoute intérieure doit en parallèle être compris et « recherché », si je puis dire, car c’est assurément la fin de toute recherche d’ordre intellectuel.

 

 

---->Quel est le rôle du SOUFFLE et de la RESPIRATION dans l’installation du MUSHIN ?

 

 

 

 

Bien entendu, le souffle et une bonne respiration consciente, dynamise l’énergie vitale du pratiquant de karaté-do shotokai (voir article de ce blog sur l’énergie vitale), et facilite l’état de pure observation intérieure des mouvements et du contenu de l’esprit, ainsi que des mouvements physiologiques (flux sanguin…) et de l’état organique interne (organes, articulations…).

 

Il est clair qu’une bonne respiration et une prise de conscience de l’importance du souffle facilite le « LACHER PRISE » mental, grâce à une augmentation de l’énergie vitale interne au pratiquant de KARATE-DO.

 

Ainsi, l’énergie vitale dépend du souffle qui lui-même dépend entre autre de la qualité des postures de karaté-do, qui dépend elle-même du bon équilibre YIN et YANG des postures.

 

Pour conclure, et passer à la mise en pratique et à l’expérience individuelle et intérieure, il semble important de voir que le KEIKO (l’étude) demande une démarche intérieure rigoureuse et non mécanique, que l’aspect sportif, seul, ne contient pas, et c’est la, certainement, toute l’intelligence de la VOIE et du « DO ».

 

Rester dans la forme extérieure, et dans l’image ne permet en aucun cas d’appréhender toute la dimension de l’art martial et du karaté-do shotokai.

 

Seule l’expérimentation individuelle compte.

 

Gil SERRE.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Branislava 22/07/2010 06:47



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