Le piège de la TRADITION dans les Arts martiaux et le Karaté-do

Publié le par SERRE

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Le piège de la TRADITION dans les Arts martiaux et le Karaté-do

 

La tradition est souvent l’excuse qui permet de faire réaliser des actions aux élèves sans qu’ils s’interrogent, sous le prétexte qui dit qu’on accepte et qu’on ne remet pas en cause la tradition et ses composantes.

 

C’est contraire à une pratique intelligente, soucieuse que la compréhension soit un chemin que chaque élève doit emprunter lui-même et seul. En effet, pour être réellement comprise la pratique ou le keiko doit passer au filtre de l’expérience personnelle de chaque élève en karaté-do shotokai et dans les arts martiaux en général.

 

Bien entendu, il est souvent plus facile et rassurant d’accepter l’autorité de l’héritage du passé et de la tradition et ainsi d’arrêter de s’interroger, d’APPRENDRE, de percevoir, de démêler le faux du vrai, de passer au filtre de soi et de son expérience l’enseignement qui nous est donné dans les arts martiaux ou dans le karaté-do.

 

A la limite, la tradition dans les Arts martiaux et le KARATE-DO est acceptable et tolérable si elle porte sur le cadre dans lequel doit s’exécuter la pratique et le keiko, c’est-à-dire un contexte de courtoisie, de bienveillance, et de respect.

Mais en ce qui concerne l’enseignement de l’art martial et du karaté-do lui-même, l’héritage traditionnel doit être remis en cause perpétuellement et on ne peut, sous caution de tradition figer la pratique, et interdire une quelconque remise en question de la pratique dans tous les domaines de son enseignement (katas, kihon, positions, mental etc.).

 

Souvent, la tradition, l’héritage du passé, et le refus de sa remise en question, même si la réponse à cette remise en question débouche sur le maintien de ce qui a été remis en cause, est un signe d’ignorance et de peur chez le pratiquant de karaté-do.

 

Il convient de noter que la remise en question de l’héritage du passé, traditionnel, ne peut être qu’individuelle et ne peut jamais être une remise en cause collective (par un groupe de personnes).

En effet,  ce ne peut être qu’une démarche intérieure personnelle à chaque pratiquant.

 

Cette ignorance et cette PEUR, devant l’inconnu et l’incertitude, déclenche un besoin et une recherche de sécurité. C’est ainsi que la tradition, l’héritage qu’on veut« IMMUABLE » du passé et ses HABITUDES ancestrales, devient une réponse à ce besoin de sécurité, de réconfort, un moyen de ne plus s’interroger pour le pratiquant, et  un facteur de soulagement temporaire de la souffrance psychologique induite par la peur liée à l’inconnu et à l’incertitude.

 

C’est par ce processus que la tradition peut très vite  déclencher chez  celui qui s’y réfugie, une  immobilité et un refus d’apprendre.

En effet, se contenter de copier et d’imiter l’héritage traditionnel n’est pas APPRENDRE.

Apprendre réellement, à chaque instant, c’est trouver par soi-même l’essence de son propre karaté-do.

 

Bien entendu, pour les débutants en karaté-do, il n’est pas temps de remettre en question l’héritage du passé et la tradition, mais pour les pratiquants confirmés, il semble important de ne rien accepter à priori de l’enseignement comme vrai ou une vérité, tant que l’élément n’a pas été passé au crible de soi, de sa perception, de sa propre expérience et de sa pratique personnelle.

 

Aucune autorité ne doit exister dans ce domaine si l’on souhaite avancer intelligemment sur la VOIE et dans sa pratique du karaté-do et des Arts martiaux.

 

La tradition peut très rapidement devenir un poids du passé auquel on redonne vie aujourd’hui, et qui fige le présent et empêche le pratiquant de karaté-do shotokai de développer et réaliser l’existence de son propre karaté-do.

 

 En effet, chaque pratiquant détient en lui,  la source de son propre karaté-do, et le keiko est le chemin qui va lui permettre de le découvrir. Le karaté-do n’est pas quelque chose de figé et que l’on peut copier d’un élève à l’autre, car il est le produit de ce qu’est l’individu lui-même intérieurement.

 

Il incombe au professeur ou au sensei d’aider son élève à découvrir son propre karaté-do.

 

 

Gil SERRE.

conseil aux lecteurs

lire c'est aussi le keiko

 

Je vous prie de lire ce texte non seulement avec votre intellect, mais lisez le lentement, à plusieurs reprises, peut-être plusieurs fois espacées, en état d'écoute intérieure, c'est-à-dire en observant, ressentant, les effets de ce texte dans votre tête, dans votre cerveau, dans votre esprit.. (OBSERVER n'est pas réfléchir, n'est pas faire appel à la pensée, c'est un état neutre)

Ne lisez pas, comme si vous lisiez un roman quelconque. Votre lecture vous amène à comprendre ce qui est, et ce que contient votre cerveau, si vous lisez avec une totale ATTENTION, avec un mental immobile et surtout sans rien rechercher

 

Quel est l'état de l'esprit ATTENTIF, mais qui ne cherche RIEN? ni à retenir, ni à comparer etc

 

IL APPREND REELLEMENT

 

A vous d'en faire l'expérience, en lisant et au DOJO bien entendu, et dans la vie quotidienne.

Car en vous donnant la réponse, je vous ai empêché d'APPRENDRE!

 

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