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KARATE DO SHOTOKAI   Tain Tournon yamato kan karaté do shotokai

Le TAISO dans la pratique du Karaté-do-shotokai

9 Janvier 2010 , Rédigé par SERRE Publié dans #--TEXTE sur le TAISO ou gymnastique préparatoire

Le TAISO dans un cours de Karaté-do Shotokai

 

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Souvent appelé gymnastique préparatoire, le Taiso est une  étape importante du cours qui suit généralement le Seiza, au moins pour la  partie des exercices destinés à préparer le corps  au Keiko qui suivra (Keiko = entrainement ou étude technique proprement dite). On parle aussi de préparation physique ou de préparation du corps préalable à la pratique du karaté-do-shotokai.

 

 Nous verrons que le Taiso doit être réalisé dans le même état d’esprit (Mushin) que la pratique  même du karaté-do-shotokai.

 

Pour plus de clarté,  je présenterai en trois parties distinctes, les composantes du Taiso, alors que dans la réalité ces trois éléments sont souvent vécus  simultanément par le pratiquant, surtout concernant la partie III  « l’état du mental dans le Taiso », phase transversale aux autres parties.

 

            I.      Les fonctions classiques du Taiso en karaté-do-shotokai

 

Relaxer, installer sa respiration en rendant le souffle vivant (voir l’article du blog sur « la respiration dans les arts martiaux »), développer un mental neutre (voir article du blog sur « trouver la voie »), poursuivre en quelque sorte l’état démarré ou déjà installé à travers le Mokuso (*) du Seiza, souvent trop court (voir l’article du blog sur le Seiza). Se diriger vers un lâcher prise physique et mental.

 

Développer l'énergie vitale ou le KI du pratiquant, grâce à un bon équilibre YIN et YANG des exercices proposés. Une bonne "alchimie" YIN et YANG du travail permet d'amener le KI à un bon niveau et de développer la lucidité du pratiquant.


Echauffer le corps,  augmenter le rythme cardiaque (course, saut, exercices dynamiques en binôme etc.)

 

Mobiliser en douceur et débloquer les articulations de l’ensemble du corps et plus particulièrement des parties du corps qui seront les plus sollicitées au cours du travail technique du Keiko. Par exemple, si le travail technique portera sur les coups de pied, le Taiso s’appliquera à mobiliser de façon plus importante et intense la partie inférieure du corps.

 

Assouplir, en insistant sur les parties qui seront les plus sollicitées pendant l’étude technique (le Keiko).

 

Développer la conscience du relâchement, la fluidité et l’harmonie des mouvements, de préférence en binôme ou en groupe (exercices spécifiques que l’on retrouve dans le style shotokai, l’aikido ou certains arts martiaux chinois), exercices s’exécutant parallèlement à l’installation ou à la poursuite d’un mental neutre, dénué d’intentions, de calculs, d’intérêts, d’objectifs ou d’opinions.

 

Développer et maintenir un corps en bonne santé générale. 

 


         II.      Les autres objectifs généraux du Taiso

 

Ces autres objectifs pourront être réalisés à tout moment pendant le cours, non forcément pendant ou immédiatement après les fonctions classiques précédentes du Taiso (paragraphe I).

 

Exercices de renforcement musculaire, d’équilibre, de coordination, d’endurance.

Exercices d’amélioration des capacités psychomotrices.

On remarquera que ces objectifs sont aussi abordés à travers le Keiko (renforcement musculaire dans une posture de karaté-do etc.)

 

     III.      L’état du mental dans le Taiso

 

 

Chaque mouvement, posture ou attitude du Taiso doit être réalisé avec un mental neutre, se laisser porter, sans idées, ni pensées, être uniquement en train de réaliser l’exercice, plongé dans l’instant présent, sans aucun objectif, sans intérêt, sans calcul, sans penser à l’exercice suivant, rien que le mouvement dans l’instant. C’est certainement la partie la plus complexe à réaliser, car il faut accepter d’entrer dans cet espace qui rompt avec nos vieilles  habitudes mentales.

 

Le mental est neutre et tourné vers l’endroit du corps qui « travaille ».

 

Bien entendu, l’art de l’enseignant sera de mettre en place les exercices adéquates afin d’atteindre les objectifs du Taiso (tenant compte des variables d’âge, de niveau et de qualité physique et mental hétérogène du public).

 

Certains exercices du Taiso peuvent prendre la forme de mouvements techniques du karaté-do appartenant au Keiko. L’objectif étant d’amener lentement le pratiquant au Keiko. Ceci nous amène à réaliser que le Taiso n’est rien d’autre que du karaté-do.

 

Il est indispensable d’adopter un ordre cohérent dans l’exécution du Taiso, en fonction des objectifs du cours (du Keiko) de karaté-do qui suivra…

 

L’état mental est le seul point du Taiso qui ne se négocie pas, car il est démarré dans le Mokuso du Seiza et doit se renforcer, voir se poursuivre à travers le Taiso, sinon c’est l’échec et  la dimension sportive prend le pas sur la dimension spirituelle, et nous restons dans la pratique d’un sport et non plus d’un Art martial.

 

Cette phase d’installation ou de développement d’un mental neutre est donc transversale car elle intervient du début à la fin de la gymnastique préparatoire, quelque soient les exercices réalisés.

 

Les aspects sportifs (prise en compte du corps) et spirituels (prise en compte de l’esprit) sont deux éléments indissociables dans la pratique du karaté-do shotokai.

 

Il est de la responsabilité du guide, l’enseignant, de mettre en place une pédagogie et des exercices qui permettent au pratiquant de voir (dans le sens de ressentir ou comprendre), d’avancer sur la voie, en prenant en compte les deux dimensions indissociables (sportive et spirituelle) de l’art martial.

 

Une pratique réussie permet aux élèves de comprendre leur propre fonctionnement sur tous les plans et ainsi d’être en mesure de se libérer. Sans compréhension (non forcément intellectuelle) il ne peut pas y avoir libération.

 

Dans le Taiso, l’important est d’aller toujours dans le sens du naturel et du respect du corps. D’agir sans le décalage de la pensée. Les différents exercices doivent respecter les principes d'équilibre, d'ambivalence et d'alternance (temps d'action et de repos etc.).

 

La recherche d’immobilité du mental, initiée dans le Seiza doit se poursuivre pendant le Taiso, quelque soient les exercices réalisés, c’est un élément fondamental pour la réussite du cours.

 

L’esprit est neutre, non dispersé, le flot des pensées psychologiques (teintées d’émotions) et des idées est arrêté, seules peuvent subsister des pensées fonctionnelles ($) parfaitement neutres psychologiquement (voir l’article du blog sur « trouver la voie » expliquant la nature des pensées).

 

Le pratiquant n’est plus que le mouvement ou la posture réalisée dans l’instant.

 

 

Gil SERRE.    

(*) Silence des idées.

($) une pensée fonctionnelle débouche sur des actions et non des réactions teintes émotionnellement.

 

 

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